La Commission européenne a présenté cette semaine son paquet tant attendu sur la souveraineté technologique. L’Europe entend ainsi réduire sa dépendance vis-à-vis des technologies étrangères tout en accélérant le déploiement de l’intelligence artificielle. Pour le secteur informatique, cela pourrait créer d’importantes opportunités dans les domaines du cloud, des infrastructures, des centres de données et des projets d’IA.
Au cœur de ces projets se trouve la loi sur le développement du cloud et de l’IA annoncée, qui vise à soutenir le développement des capacités européennes en matière de cloud et d’IA. En outre, l’Europe souhaite investir davantage dans les « AI Factories », les centres de données et les infrastructures numériques qui doivent donner aux entreprises et aux pouvoirs publics un plus grand contrôle sur leurs données et leurs applications d’IA.
Au-delà de la simple réglementation
Bien que l’Europe ait surtout été connue ces dernières années pour des réglementations telles que le RGPD, la directive NIS2 et la loi sur l’IA, la Commission souhaite désormais également soutenir l’infrastructure nécessaire pour déployer réellement l’IA à grande échelle.
Ce n’est pas un luxe superflu. Aujourd’hui, la plupart des charges de travail liées à l’IA tournent encore sur l’infrastructure d’hyperscalers américains tels qu’AWS, Microsoft Azure et Google Cloud. De plus, les organisations européennes s’inquiètent de plus en plus de la résidence des données, de la conformité et du contrôle des infrastructures numériques critiques.
C’est surtout dans des secteurs tels que l’administration publique, la santé, les services financiers et l’industrie que la demande de solutions offrant davantage de garanties en matière de souveraineté des données et de gouvernance est en hausse.
Opportunités pour les partenaires
Pour les revendeurs, les intégrateurs, les MSP et les fournisseurs d’hébergement, l’initiative européenne peut créer de nouvelles opportunités commerciales.
La demande en environnements cloud hybrides, en cloud privé, en solutions de cloud souverain, en gouvernance de l’IA et en capacité de centres de données locaux augmente en effet rapidement. Les organisations ne cherchent pas seulement à accéder à la technologie de l’IA, mais souhaitent également pouvoir l’utiliser dans un cadre juridique et opérationnel conforme à la réglementation européenne.
Cela signifie que les partenaires joueront un rôle de plus en plus important dans la modernisation des infrastructures, le développement de plateformes d’IA et l’intégration de solutions de gouvernance et de sécurité.
Dell voit un rôle pour l’infrastructure
Dell Technologies a également réagi positivement aux projets de la Commission européenne.

« À mesure que l’IA s’intègre de plus en plus aux processus opérationnels, aux services publics et aux secteurs critiques, l’accès à l’infrastructure de calcul, au cloud et aux données devient un facteur crucial pour déployer cette technologie à grande échelle », explique M. Segers.
Dell voit à cet égard un rôle important pour les plateformes d’infrastructure intégrées qui permettent aux organisations d’exécuter des charges de travail d’IA sur des environnements de périphérie, de centre de données et multicloud, tout en conservant le contrôle de leurs données et de leurs processus.
L’Europe restera-t-elle dépendante ?
La grande question reste bien sûr de savoir si les nouvelles mesures seront suffisantes pour réduire efficacement la dépendance européenne vis-à-vis des technologies étrangères.
Bien que l’Europe investisse dans la réglementation et les infrastructures, les principales plateformes cloud, les modèles d’IA et les fabricants de puces restent pour l’instant principalement américains. Même de nombreux projets européens d’IA fonctionnent encore aujourd’hui sur des infrastructures Nvidia et des plateformes cloud d’AWS, de Microsoft ou de Google.
Pourtant, la direction à suivre semble claire. Alors que l’accent était principalement mis sur la réglementation ces dernières années, l’Europe mise désormais également sur des investissements dans l’infrastructure sous-jacente. Pour le secteur informatique, cela pourrait offrir de nouvelles opportunités dans les années à venir autour de l’IA, de la transformation cloud, des centres de données et de la souveraineté numérique.
La question n’est plus de savoir si les organisations vont recourir à l’IA, mais surtout où cette IA sera déployée, qui gérera l’infrastructure et sous quelles conditions juridiques les données seront traitées.
