Une étude d’Inetum met en évidence de nouvelles opportunités et de nouveaux défis pour les partenaires informatiques
L’IA n’est plus une simple expérience. Elle est progressivement devenue un outil de travail quotidien pour les entreprises belges. Mais cette adoption rapide a aussi un revers. Le dernier European Digital Barometer d’Inetum révèle que 47 % des cadres belges utilisent l’IA sans en informer leurs collègues ou la direction. De plus, près d’un sur cinq utilise des solutions d’IA qui n’ont pas été approuvées par l’employeur.
Pour les DSI, les MSP, les intégrateurs et les spécialistes de la sécurité, la Shadow IA risque donc de devenir l’un des plus grands défis en matière de gouvernance des années à venir.
L’IA se généralise
Selon l’étude, 68 % des entreprises belges utilisent aujourd’hui l’IA. Dans les organisations comptant plus de 250 collaborateurs, ce chiffre atteint même 76 %. Six managers sur dix utilisent l’IA au moins plusieurs fois par semaine et un quart d’entre eux y ont recours quotidiennement.
Les avantages sont évidents. Trois utilisateurs de l’IA sur quatre indiquent travailler de manière plus productive, tandis que près des deux tiers constatent un impact positif sur l’environnement de travail.
Il apparaît toutefois que de nombreuses entreprises ont du mal à suivre le rythme de cette adoption rapide.
L’IA « fantôme » se développe plus vite que les politiques d’entreprise
Près de la moitié des managers belges admettent utiliser des outils d’IA sans le signaler officiellement. Dans les entreprises de taille moyenne, ce chiffre atteint même 55 %. Par ailleurs, 18 % utilisent des logiciels qui n’ont pas été validés par le service informatique. Chez les managers de moins de 45 ans, cette proportion s’élève même à 27 %.
Ce constat est surprenant, étant donné que 60 % des personnes interrogées s’inquiètent parallèlement du risque de cyberattaques.
Selon Jouri Goos, responsable du conseil chez Inetum Belgique, de nombreuses entreprises sont à la traîne par rapport à la vitesse à laquelle leurs collaborateurs adoptent l’IA.
« Les employés découvrent chaque jour de nouvelles applications de l’IA, alors que de nombreuses entreprises sont encore en train d’élaborer des directives. De plus, la plus grande valeur ajoutée de l’IA ne réside pas dans la rédaction d’e-mails, mais dans des applications qui rendent les connaissances accessibles, améliorent la collaboration et favorisent de meilleures décisions. »
De nouvelles opportunités pour le canal belge
Pour le canal informatique, cette évolution ouvre de nouvelles perspectives. Alors que les premiers projets d’IA portaient principalement sur les licences Copilot ou l’IA générative, l’attention se porte de plus en plus sur la gouvernance de l’IA, la sécurité, la gestion des identités et la conformité.
Les revendeurs, les MSP et les intégrateurs se voient ainsi confier un rôle de conseil plus large. Les clients recherchent un accompagnement pour mettre en œuvre l’IA en toute sécurité, protéger les données de l’entreprise et établir des directives claires en matière d’IA. Les plateformes d’IA privées et les solutions d’IA fonctionnant au sein de l’environnement informatique propre à l’entreprise gagnent également en importance.
Cinq recommandations
Selon Inetum, les entreprises ont tout intérêt à accompagner l’« IA fantôme » plutôt que de l’interdire. Le groupe de conseil met donc en avant cinq points clés :
- sécurisez les identités et les accès grâce à l’authentification multifactorielle ;
- ne donnez aux collaborateurs accès qu’aux outils d’IA et aux données dont ils ont besoin ;
- vérifier systématiquement et de manière critique les résultats de l’IA avant leur utilisation ;
- utiliser l’IA comme partenaire d’analyse et de prise de décision, et non pas uniquement comme générateur de texte ;
- consigner l’expertise interne dans des bases de connaissances IA sécurisées.
Le Baromètre numérique européen a été réalisé auprès de 2 400 cadres en Belgique, en France, en Espagne et au Portugal, dont 600 répondants belges.
