En 2026, les ransomwares resteront l’une des principales cybermenaces pour les entreprises, mais selon une nouvelle étude de Check Point, c’est surtout la structure de l’écosystème criminel qui évolue à un rythme remarquablement rapide.
Alors que le marché des ransomwares s’était de plus en plus fragmenté ces dernières années, Check Point observe désormais une nette consolidation. Un nombre réduit de groupes domine une part croissante des attaques, ce qui, selon les spécialistes de la sécurité, rend les ransomwares potentiellement encore plus dangereux pour les entreprises et leurs partenaires informatiques.
La cybercriminalité se professionnalise de plus en plus
Au premier trimestre 2026, Check Point a recensé plus de 2 100 victimes à l’échelle mondiale sur des sites de fuite de rançongiciels, l’un des chiffres les plus élevés jamais enregistrés pour un premier trimestre.
Plus frappante encore que le volume est toutefois la concentration du pouvoir. Les dix plus grands groupes de rançongiciels étaient ensemble responsables de plus de 70 % de toutes les victimes.
Selon les chercheurs, cela signifie que la cybercriminalité s’organise de manière de plus en plus professionnelle. Les petits acteurs disparaissent ou sont absorbés, tandis que les grands groupes continuent de développer leur infrastructure, leurs outils et leurs modèles de ransomware-as-a-service.
Pour les entreprises, cela modifie également le profil de risque. Il ne s’agit plus d’attaques opportunistes occasionnelles, mais d’opérations criminelles matures et bien organisées, qui agissent souvent de manière très ciblée.
Mauvaise nouvelle pour les PME
Pour les PME belges, cette évolution n’est pas rassurante.
De nombreuses petites organisations partent encore du principe qu’elles sont moins intéressantes pour les cybercriminels, mais c’est précisément grâce à l’automatisation et aux techniques d’attaque évolutives que les entreprises de taille moyenne sont de plus en plus souvent ciblées.
De plus, de nombreuses organisations ne disposent toujours pas :
- d’une surveillance continue ;
- d’équipes de sécurité spécialisées ;
- de renseignements sur les menaces ;
- d’une réponse rapide aux incidents.
Le risque que les attaques restent inaperçues plus longtemps et que leur impact s’amplifie s’en trouve accru.
Une opportunité majeure pour les MSP et les partenaires de sécurité
Pour le canal, le rapport confirme également une tendance générale du marché : la cybersécurité s’oriente de plus en plus de la vente de produits vers les services gérés.
De plus en plus d’entreprises recherchent une assistance dans les domaines suivants :
- services MDR ;
- SOC-as-a-service ;
- sauvegarde et restauration ;
- sensibilisation à la sécurité ;
- renseignement sur les menaces ;
- surveillance 24 h/24, 7 j/7.
Les fournisseurs de sécurité gérée et les MSP, en particulier, peuvent ainsi jouer un rôle stratégique plus important auprès des clients qui ne disposent pas eux-mêmes de capacités de sécurité suffisantes.
En effet, la maturité croissante des groupes de ransomware oblige les entreprises à adopter une approche plus professionnelle en matière de défense.
La prévention plus importante que jamais
Selon Check Point, le ransomware se caractérisera en 2026 par une stabilité à un niveau élevé. Le nombre d’attaques restera structurellement élevé, tandis que les principaux acteurs opéreront de manière toujours plus efficace.
Cela signifie que les entreprises ne peuvent plus se limiter à une sécurité réactive.
La prévention, la segmentation, la surveillance et la détection rapide deviennent de plus en plus importantes pour limiter l’impact des incidents.
Pour les partenaires de distribution, cela représente également une opportunité commerciale majeure : accompagner les clients vers une stratégie de sécurité plus mature dans un paysage de menaces qui ne cesse de se professionnaliser.
