Dans un secteur informatique de plus en plus dominé par la consolidation et les fonds d’investissement, Lab9 choisit une voie résolument différente. Le fondateur et PDG Geert Coolman renforce son contrôle sur l’entreprise à 95 % et l’ancre résolument comme une entreprise familiale. Parallèlement, le groupe continue de croître, avec aujourd’hui un réseau de 31 magasins rien qu’en Belgique.
Cette combinaison est tout sauf banale. Elle en dit long sur la manière dont le secteur évolue aujourd’hui et surtout sur ce qui fonctionne encore.
Au cours des dernières années, Lab9 s’est imposé comme un acteur unique sur le marché belge. Avec sa branche de vente au détail Lab9 Stores et son activité B2B Lab9 Pro, l’entreprise combine une présence physique avec des services informatiques. Il est frappant de constater que la croissance provient principalement de la vente au détail. Les 31 magasins attirent ensemble plus de 1,7 million de visiteurs par an et restent un moteur important du chiffre d’affaires.
Cela va à l’encontre de l’idée selon laquelle le commerce de détail physique dans le secteur informatique est sous pression. Alors que de nombreux fournisseurs misent sur la vente directe et les canaux en ligne, Lab9 démontre qu’il y a toujours un rôle clair pour le magasin, à condition qu’il offre plus que la simple vente. Les clients recherchent un accompagnement, une expertise et une expérience globale autour de la technologie. Surtout dans des écosystèmes comme celui d’Apple, où le matériel, les logiciels et les services se rejoignent, l’interaction humaine reste cruciale.

Ce n’est pas un choix évident. De nombreux acteurs du secteur de la distribution multicanal cherchent aujourd’hui à gagner en envergure par le biais de fusions ou de fonds de capital-investissement, souvent dans l’optique d’une croissance rapide ou d’une sortie ultérieure. Lab9 choisit la voie inverse : pas d’accélération sous la pression extérieure, mais une croissance contrôlée à partir d’une base locale solide. D’abord, consolider les fondations en Belgique, puis seulement ensuite envisager prudemment une expansion dans les pays voisins.
Cette stratégie présente des avantages. Elle permet de rester cohérent dans l’approche et d’investir dans des relations clients à long terme. En même temps, elle soulève aussi des questions. Dans un marché qui s’internationalise rapidement et où l’échelle devient de plus en plus importante, il faudra voir jusqu’où un modèle indépendant peut aller sans levier externe.
Pourtant, l’essentiel est clair. Lab9 montre que le canal ne disparaît pas, mais se transforme. Le commerce de détail y joue toujours un rôle, à condition qu’il évolue du simple point de vente vers un centre d’expérience et de conseil. Et la propriété reste déterminante : celui qui contrôle la stratégie détermine également à quel point on reste proche de ses clients.
En ce sens, le choix de Lab9 est plus qu’un simple remaniement interne. C’est un signal. Sur un marché qui ne cesse de s’étendre et de s’internationaliser, l’entreprise opte pour la proximité, le contrôle et l’identité.
Et c’est précisément cela qui pourrait bien faire la différence.
