Il y a quinze ans, lorsque Ricoh a commencé à investir en dehors du marché traditionnel de l’impression, certains ont haussé les sourcils. Aujourd’hui, le groupe japonais récolte les fruits de cette stratégie. Grâce à une série d’acquisitions, Ricoh a développé une importante division informatique en Europe.
En Belgique, cette transformation s’est concrétisée par le biais d’Orbid en Flandre et d’UpFront, héritier de l’ancienne grande entreprise Systemat pour le marché francophone, qui, après l’intégration de plusieurs acteurs spécialisés, est devenu l’un des plus grands fournisseurs de services gérés du pays.
Et les ambitions vont encore plus loin.
« Aujourd’hui, nous figurons parmi le Top 15 du marché belge des MSP. Notre ambition est d’intégrer le Top 10 d’ici deux à trois ans, tant par une croissance organique que par des acquisitions ciblées », déclare le directeur général Maarten Van der Biest.
Ricoh a vu bien plus loin que l’impression
Alors que Ricoh est encore associé, pour de nombreuses entreprises, aux imprimantes et à la gestion documentaire, le groupe a entamé il y a déjà plusieurs années une transformation fondamentale.
La baisse des volumes d’impression a clairement montré qu’il fallait chercher la croissance ailleurs. En Europe, cela s’est traduit par une série d’acquisitions stratégiques qui ont transformé Ricoh en un prestataire de services informatiques à large spectre, doté d’une expertise dans le cloud, l’infrastructure, la cybersécurité, le développement logiciel et les services gérés.
En Belgique, cette stratégie a conduit au rachat et à la fusion de différentes entreprises au sein d’une seule et même organisation : Orbid.
« Ricoh a compris il y a déjà quinze ans que l’avenir ne résidait plus uniquement dans l’impression. Aujourd’hui, nous disposons de l’envergure d’un groupe international, tout en conservant la proximité et la flexibilité d’un acteur local », explique-t-on.
Intégration d’UpFront achevée
Une étape importante de cette évolution a été l’intégration d’UpFront, une valeur sûre depuis des années dans le monde belge de Microsoft et du cloud.
Pour Olivier Cauchie, qui a fait la transition d’UpFront vers Orbid, il était crucial que la culture d’entreprise ne se perde pas.
« Les clients ne choisissent pas seulement la technologie. Ils choisissent des personnes, de l’expertise et la confiance. Le défi de toute intégration est de préserver ces atouts tout en renforçant notre capacité d’action. »
Selon la direction, cette intégration est aujourd’hui en grande partie achevée et Orbid dispose d’une offre de services plus complète que jamais.
Un acteur du secteur des grandes entreprises avec l’ADN d’une PME
Orbid se positionne délibérément entre les grands acteurs internationaux et les petits partenaires informatiques locaux.
Sa clientèle cible se compose principalement d’organisations de taille moyenne et grande qui ont besoin de services informatiques spécialisés, mais qui ne bénéficient pas toujours de l’attention des plus grands intégrateurs.
« Nous voulons allier les avantages des deux mondes », explique Van der Biest. « Les processus, l’expertise et la capacité d’investissement d’une grande entreprise, mais avec la réactivité et l’orientation client d’une PME. »
Ce positionnement s’avère payant. Aujourd’hui, Orbid compte environ 200 professionnels de l’informatique et plus de 1 500 clients répartis dans toute la Belgique.
Services gérés, sécurité et IA
La stratégie de croissance d’Orbid repose sur trois piliers principaux.
Le premier est les services gérés, dans le cadre desquels les clients confient de plus en plus souvent l’intégralité de leur environnement informatique à des partenaires spécialisés.
Par ailleurs, la cybersécurité reste un moteur de croissance important. Grâce à la présence européenne de Ricoh, Orbid peut s’appuyer sur un centre d’opérations de sécurité international qui offre à ses clients une surveillance et une protection 24 h/24 et 7 j/7.
Le troisième pilier est l’IA et les données.
Selon M. Van der Biest, le marché se trouve actuellement à un tournant. Alors que les entreprises se sont surtout contentées, ces deux dernières années, d’expérimenter des outils d’IA tels que Microsoft Copilot, l’attention se porte de plus en plus sur des applications concrètes qui améliorent les processus métier.
« La véritable valeur de l’IA ne réside pas dans l’outil lui-même, mais dans son intégration au sein des processus d’une organisation. C’est là que la différence commence à se faire aujourd’hui. »
La prochaine vague de consolidation
L’ambition d’entrer dans le Top 10 des MSP belges s’inscrit dans une tendance plus large à la consolidation du marché.
De nombreux petits prestataires de services informatiques sont confrontés à des investissements croissants dans la cybersécurité, l’IA, la conformité et les compétences spécialisées. La taille devient donc un facteur de plus en plus important.
Orbid n’exclut donc pas de nouvelles acquisitions.
« Le marché continue de se consolider. Nous pensons qu’il y a encore de la place pour des acteurs belges solides qui allient proximité locale et puissance d’action internationale. »
Un diamant brut
Malgré la taille de l’organisation, Orbid reste, selon la direction, relativement méconnu en dehors de sa clientèle existante.
« Peut-être sommes-nous encore parfois un peu comme un diamant brut », sourit Van der Biest. « Nous avons acquis une grande expertise, mais nous n’en avons pas suffisamment communiqué par le passé. »
L’organisation entend changer cela dans les années à venir. Non seulement par une poursuite de sa croissance, mais aussi en renforçant sa visibilité sur la scène informatique belge.
Car une chose est claire : Ricoh ne veut plus être connu uniquement comme un fournisseur d’imprimantes. Et Orbid prouvera dans les années à venir que cette transformation est bien plus qu’une simple réussite sur le papier.
