Check Point Software Technologies franchit une nouvelle étape dans l’automatisation de la sécurité réseau. Le spécialiste de la sécurité lance une plateforme d’orchestration de la sécurité réseau (Agentic Network Security Orchestration Platform), qui permet aux entreprises de confier la gestion de leurs politiques réseau et de sécurité à des agents IA de manière largement autonome.
Avec cette annonce, Check Point répond à un problème auquel sont confrontés de nombreux environnements d’entreprise aujourd’hui : la complexité croissante des réseaux hybrides, des infrastructures multicloud et des projets Zero Trust. Selon l’entreprise, les équipes de sécurité se heurtent de plus en plus souvent aux limites de la gestion manuelle.
Priorité à la simplification opérationnelle
Alors que la sécurité classique des pare-feu et des réseaux repose encore aujourd’hui largement sur des milliers de règles et de configurations manuelles, Check Point souhaite évoluer vers un modèle dans lequel les équipes de sécurité définissent principalement l’intention métier, tandis que des agents IA automatisent l’exécution opérationnelle.
La technologie doit notamment générer automatiquement des règles de pare-feu, renforcer les règles de politique, assurer le suivi de la conformité et analyser de manière autonome les problèmes de réseau.
Ce faisant, Check Point vise clairement les grands environnements d’entreprise où la gestion de la sécurité devient de plus en plus complexe en raison des architectures cloud hybrides, des fusions et acquisitions, des utilisateurs mobiles et de l’essor rapide des charges de travail IA.
Pertinent pour les MSSP et les partenaires de sécurité
Pour le canal, c’est surtout l’impact sur les services de sécurité gérés qui est intéressant. De nombreux MSSP, intégrateurs et consultants en sécurité sont aujourd’hui confrontés à des tâches opérationnelles chronophages telles que la gestion des politiques, les projets de segmentation et les audits de conformité.
Check Point positionne désormais explicitement l’IA comme une réponse à cette pression opérationnelle. Selon l’entreprise, des processus qui prennent aujourd’hui des semaines ou des mois pourront à l’avenir être exécutés en quelques jours.
La plateforme prend en outre en charge les environnements multi-fournisseurs, ce qui indique que Check Point souhaite se positionner non seulement comme fournisseur de pare-feu, mais aussi comme une couche d’orchestration plus large pour la sécurité réseau.
Investissement stratégique dans l’IA
Afin d’accélérer le développement de la plateforme, Check Point rachète également l’équipe et la propriété intellectuelle de Deepchecks, un spécialiste de l’évaluation et de la surveillance de l’IA.
L’équipe est composée d’experts en IA et en LLM issus du programme israélien Talpiot. Selon Check Point, cette expertise devrait contribuer à rendre les agents IA plus fiables et plus faciles à contrôler dans les environnements de production.
Jonathan Zanger, directeur technique chez Check Point, affirme que les équipes de sécurité pourront désormais travailler davantage au niveau de l’intention métier, tandis que les agents IA se chargeront de l’exécution sous-jacente.
Selon Frank Dickson, vice-président du groupe Sécurité et confiance chez IDC, ces approches basées sur des agents constituent un changement architectural dans la manière dont les organisations gèrent la complexité croissante de la sécurité d’entreprise.
Ofir Korzenyak, vice-président des technologies IA chez Check Point, souligne également l’importance d’une couche d’évaluation solide pour les systèmes multi-agents, afin que les agents IA puissent être continuellement mesurés, ajustés et améliorés.
Disponibilité
Certaines fonctionnalités, notamment Policy Auditor, Policy Insights et AI Assist, sont disponibles dès maintenant. D’autres composants, tels que Playblocks Agents, en sont pour l’instant encore à un stade de disponibilité précoce. Un déploiement plus large est prévu dans le courant de l’année.
