Oracle est sous les feux de la rampe depuis quelques semaines. L’action a fait un bond impressionnant de 39 %, portant la valorisation de l’entreprise à près d’un billion de dollars. Dans le même temps, Oracle a remporté un nouveau contrat prestigieux avec l’OTAN Communications and Information Agency (NCIA), qui transfère ses charges de travail critiques vers Oracle Cloud Infrastructure (OCI). Deux signaux qui non seulement renforcent la position d’Oracle, mais offrent également des perspectives pour le canal.
Hausse du cours de l’action malgré des prévisions manquées
Il est intéressant de noter que cette forte hausse du cours de l’action est survenue alors qu’Oracle n’a pas atteint ses prévisions en matière de chiffre d’affaires et de bénéfices. Cela s’explique par la croissance spectaculaire des obligations de performance restantes (RPO), c’est-à-dire la valeur des contrats futurs. Celle-ci a augmenté de 359 % pour atteindre 455 milliards de dollars, grâce à quatre nouveaux contrats majeurs.
Selon la PDG Safra Catz, ce carnet de commandes donne à Oracle la marge de manœuvre nécessaire pour augmenter considérablement ses objectifs de croissance pour OCI dans les années à venir. Le président Larry Ellison a également souligné l’augmentation des revenus provenant des services de bases de données multicloud en collaboration avec des concurrents tels qu’AWS, Microsoft et Google. Il a également annoncé un nouveau service Oracle AI Database Service, qui permettra aux clients de former leurs propres modèles LLM à partir des données déjà présentes dans les systèmes Oracle.
L’IA et les « données froides » : une mine d’or cachée
L’analyste Jay McBain (Canalys) souligne que le véritable moteur de la vague d’IA ne réside pas uniquement dans NVIDIA ou OpenAI, mais dans l’infrastructure sous-jacente. Il affirme que 99 % de toutes les données d’entreprise n’ont jamais été traitées dans des modèles d’IA et que 83 % d’entre elles se trouvent en stockage à froid, souvent dans des bases de données Oracle.
Selon McBain, le « dégel » de ces énormes quantités de données et leur adaptation aux applications IA pourraient créer, au cours des dix prochaines années, un marché bien plus important que les 6 500 milliards de dollars d’investissements IA déjà annoncés. C’est là que réside la véritable opportunité pour les partenaires de distribution : le conseil, l’intégration, la migration, la sécurité et la gestion de ces flux de données.
L’OTAN choisit Oracle Cloud
Outre la bourse, la confiance géopolitique témoigne également de la nouvelle position d’Oracle. L’OTAN/NCIA a choisi OCI pour transférer des charges de travail critiques vers le cloud, en accordant une attention particulière au cloud souverain, à la sécurité des données et à la conformité.
Le projet est mené en collaboration avec des partenaires tels que Thales, Red Reply et Shield Reply, et avec Proximus comme partenaire réseau. Il devient ainsi une vitrine de la manière dont les partenaires locaux et internationaux développent un environnement cloud hautement sécurisé en collaboration avec Oracle.
Qu’est-ce que cela signifie pour le canal ?
Pour le canal, ce double succès ouvre de nouvelles perspectives :
– Nouveaux services autour de l’IA et de la migration des données : le « dégel » des données froides offre d’énormes opportunités aux intégrateurs et aux consultants.
– Forte demande de solutions de cloud souverain : les clients européens recherchent des alternatives sûres et conformes. L’exemple de l’OTAN peut renforcer la confiance.
– Écosystème multicloud : Oracle collabore avec d’autres hyperscalers, ce qui donne aux partenaires plus de flexibilité pour déployer des scénarios hybrides.
– Demande accrue de partenaires spécialisés : des projets tels que celui de l’OTAN exigent des connaissances en matière de sécurité, de conformité, d’architecture de données et de services gérés, des domaines dans lesquels les acteurs du canal peuvent démontrer leur valeur ajoutée.
La récente hausse du cours de l’action Oracle et le prestigieux contrat avec l’OTAN sont plus que de simples réussites : ils témoignent d’un changement clair. L’IA et l’infrastructure de données sont au cœur de la stratégie de croissance d’Oracle, et l’entreprise parvient à se positionner comme un partenaire de confiance, même pour les charges de travail les plus critiques.
Pour le canal, cela signifie que le moment est venu d’investir dans les connaissances et les services liés aux données IA, à la migration vers le cloud et à la sécurité. Dans les années à venir, ce ne sont pas seulement les hyperscalers qui feront la différence, mais aussi les partenaires qui aideront les clients à exploiter pleinement le potentiel de leurs données.
