Après près de onze ans chez Arrow et plus de trois ans et demi en tant que directeur national pour le Belux, Ilias Khomsi a entamé un nouveau chapitre. Depuis le 1er septembre, il est à la tête d’Avanade en tant que directeur national pour le Belux. Un choix personnel, souligne-t-il, mais un choix délibéré de se placer à nouveau hors de sa zone de confort. « Je veux avoir le sentiment de devoir redécouvrir quelque chose. »
On ne quitte pas du jour au lendemain une entreprise où l’on a passé près de onze ans. Surtout quand on y a bâti une grande partie de sa carrière professionnelle.
Ilias Khomsi a commencé jeune chez Arrow et y a gravi les échelons en occupant différents postes. À 25 ans, il est devenu Business Unit Manager, a brièvement travaillé au niveau européen en tant que directeur des ventes EMEA Cybersécurité, puis est devenu, à 30 ans, Country Manager d’Arrow ECS Belux.
Il a aujourd’hui 35 ans. Et l’envie de changement s’est à nouveau fait sentir.
« Au bout de trois ou quatre ans, on arrive à un moment où l’on se dit : “J’ai déjà fait ça” », explique Khomsi. « C’est toujours agréable, mais je veux aussi que ça le reste. »
À la recherche de la prochaine « zone de tension »
Ceux qui suivent Khomsi depuis un certain temps ne seront pas tout à fait surpris par ce raisonnement. Lorsque ChannelNews l’avait interviewé en 2024, le fil conducteur était déjà clair : pour moi, la barre doit toujours être placée plus haut.
Deux ans plus tard, c’est précisément cela qui s’avère à nouveau être une motivation importante.
Khomsi aime lui-même parler de sa « zone orange » : cet espace entre le travail confortable et le véritable défi. Un environnement où règnent encore suffisamment de tension, d’incertitude, d’adrénaline et même une bonne dose de stress.
« Quand on s’habitue à quelque chose, on se met à chercher le prochain défi. Au début, on se dit : je veux signer avec ce fournisseur ou attirer ce partenaire. Puis, une fois que c’est fait, on se pose à nouveau la question : “Et après ?” »
Cette prochaine étape aurait également pu se situer au sein d’un groupe international. Mais Khomsi s’est rendu compte qu’il puisait surtout son énergie dans un rôle où il reste proche des clients, des partenaires et des collaborateurs.
« Je n’ai aucun problème à travailler dur, mais je veux aussi être régulièrement chez moi. J’ai deux jeunes enfants. En même temps, je veux toujours ressentir ce défi sur le plan professionnel. »
C’est précisément pour cette raison que le poste de Country Manager continue de l’attirer.
« C’est pour moi un rôle fantastique. On est présent sur le terrain, on rend visite aux clients et aux partenaires, on dirige une équipe, on intervient lors d’événements et, en même temps, on dispose d’une autonomie suffisante pour avoir un impact. »
Avanade est arrivée au bon moment
Selon Khomsi, son arrivée chez Avanade ne s’est pas faite par l’intermédiaire d’un chasseur de têtes. Il a vu que l’entreprise recherchait un Country Manager et a décidé de postuler de lui-même.
« Je m’étais fixé comme objectif que mon prochain poste soit à nouveau quelque chose comme GM, MD ou CEO. Un rôle où je serais proche des clients et des collaborateurs, sans me retrouver dans une tour d’ivoire. »
Les premiers contacts remontent au mois d’avril. S’en est suivi un processus de sélection approfondi, ponctué de plusieurs entretiens avec des cadres d’Avanade et d’Accenture.
Son âge relativement jeune a également été abordé.
« L’une des questions était la suivante : une personne ayant vingt ans d’expérience arrive chez un client et bénéficie d’une crédibilité immédiate. Vous êtes plus jeune et nouveau dans ce milieu, comment comptez-vous compenser cela ? »
Ce n’était pas une discussion inconnue pour Khomsi. Lorsqu’il est devenu Business Unit Manager très jeune, puis Country Manager, il a dû se forger cette même crédibilité.
« Au final, ce n’est pas une question d’âge. Il faut écouter le problème du client et essayer de l’aider. Quand les gens sentent que tu les aides vraiment à aller de l’avant, cette discussion sur l’âge disparaît très vite. »
À l’issue du processus de sélection, le coup de fil tant attendu est enfin arrivé.
« Ce sentiment de victoire a joué un rôle. À ce moment-là, j’ai su : c’est le moment. Je me lance. »
De la distribution aux services
En rejoignant Avanade, Khomsi change également radicalement de domaine d’activité.
Chez Avanade, l’accent est mis sur l’écosystème Microsoft et surtout sur le conseil et les services. Fondée en 2000 par Accenture et Microsoft, Avanade est depuis devenue un acteur mondial spécialisé dans la transformation numérique, le cloud, les données et l’IA autour des technologies Microsoft.
C’est précisément cet univers différent qui séduit Khomsi.
« Dans le monde de la distribution, il y a des dizaines de fournisseurs. On essaie d’être un spécialiste parmi les généralistes, mais il est impossible de tout savoir sur tout. Chez Avanade, je vais approfondir beaucoup plus un seul écosystème. »
Mais ce qui compte encore plus pour lui, c’est l’orientation vers les services.
« Je veux vraiment découvrir ce volet des migrations, du conseil et des services. C’est un tout autre univers. »
Cela signifie que Khomsi va devoir réapprendre beaucoup de choses. Et c’est précisément là que réside pour lui tout l’intérêt.
Partir quand tout va bien
Khomsi ne part pas parce qu’il s’est lassé ou qu’il en a marre du secteur informatique. Au contraire.
« Quelqu’un m’a dit un jour : il faut réparer le toit quand le soleil brille, pas quand il pleut. Et cela m’est resté. »
« Arrow s’est toujours montré très correct. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles on y reste onze ans. On y ressent du respect. »
Il n’y a pas si longtemps encore, il pouvait même s’imaginer rester encore de nombreuses années chez ce distributeur. « Six mois plus tôt, j’avais encore dit à quelqu’un que je resterais peut-être encore vingt ans… Alors oui, cette décision m’a aussi surpris moi-même. »
On ne laisse pas onze ans derrière soi comme ça
Khomsi n’a pas besoin de réfléchir longtemps pour dire ce qui lui manquera le plus. « Les gens. »
Après près de onze ans, ses collègues, fournisseurs et partenaires sont devenus bien plus que de simples contacts professionnels.
« Parler de famille, ça fait cliché, mais on passe énormément de temps ensemble. On tisse des liens et parfois de véritables amitiés. »
Il lui faudra également s’habituer à dire adieu à sa place de prédilection dans le monde belge de la distribution.
« Aux Channel Awards, on entre et on connaît presque tout le monde. Au début, je ne connaissais personne ; plus tard, tout le monde vous connaît. C’est sympa. »
Il ne disparaîtra d’ailleurs pas complètement de cet écosystème. Avanade est étroitement liée à Microsoft et opère elle-même au sein d’un vaste réseau de partenaires technologiques. Seulement, Khomsi observera désormais cet écosystème depuis une autre position.
« On ne laisse pas tomber les gens. On va simplement collaborer d’une autre manière. C’est un peu comme déménager : on laisse une partie de soi derrière, mais on emporte les meilleurs souvenirs. »
« Le changement est une constante »
Depuis le 31 août, le chapitre Arrow est clos pour Khomsi et il est désormais Country Manager Belux à la tête d’Avanade.
Il obtient ainsi ce qu’il recherchait : à nouveau des responsabilités locales, le contact avec les clients, une équipe et la marge de manœuvre pour avoir un impact, mais cette fois-ci dans un environnement qui lui est en grande partie nouveau.
Lorsque ChannelNews l’avait interviewé il y a deux ans, le titre était : « Pour Ilias, la barre doit toujours être placée plus haut. »
En réalité, peu de choses ont changé depuis. Seulement, cette nouvelle barre se trouve désormais chez Avanade.
« Le changement est une constante dans l’informatique », conclut Khomsi. « J’ai surtout très envie de découvrir à nouveau quelque chose de nouveau. Un nouveau monde, un nouveau défi. Nous verrons bien où cela nous mènera. »
