La souveraineté du cloud est en train de passer du statut de sujet de niche à celui de préoccupation majeure pour de nombreuses organisations belges. Entre les exigences réglementaires, les préoccupations géopolitiques et la volonté de mieux contrôler les données sensibles, les questions autour du « cloud souverain » gagnent rapidement du terrain.
Pourtant, derrière le terme, les réalités sont souvent plus complexes qu’il n’y paraît.
C’est dans ce contexte qu’Inetum a mandaté le cabinet d’avocats belge Stibbe pour réaliser une évaluation juridique indépendante de sa plateforme rCloud. L’objectif n’est pas uniquement d’analyser une solution particulière, mais aussi d’apporter davantage de clarté dans un débat où les notions de souveraineté, de contrôle et de conformité sont souvent interprétées différemment selon les acteurs du marché.
« La souveraineté cloud n’est ni un concept figé ni un concept purement technique. C’est une question juridique, opérationnelle et stratégique », explique Erik Valgaeren, partner chez Stibbe.
Le sujet prend de l’importance alors que la majorité des services cloud utilisés en Europe reposent encore sur des fournisseurs américains. Même lorsque les données sont hébergées sur le territoire européen, certaines organisations s’interrogent sur l’impact potentiel de législations extraterritoriales telles que le U.S. CLOUD Act ou le FISA américain.
Cette préoccupation se reflète également dans les priorités des responsables IT belges. Selon le dernier Beltug Priorities Compass, les alternatives cloud européennes et les questions de souveraineté numérique figurent désormais parmi les sujets stratégiques les plus souvent cités par les CIO.
Pour les intégrateurs, MSP et fournisseurs de services cloud, cette évolution représente un changement important. Là où les discussions portaient auparavant principalement sur les performances, les coûts ou la flexibilité des plateformes, les questions liées à la gouvernance des données, à la conformité et au contrôle opérationnel prennent une place croissante dans les appels d’offres et les projets de transformation numérique.
Le cadre d’évaluation développé par Stibbe vise précisément à aider les organisations à mieux comprendre ces enjeux. Il combine des critères juridiques, techniques et opérationnels afin d’évaluer le niveau réel de souveraineté offert par un environnement cloud, au-delà des simples arguments marketing.
Pour Inetum, l’initiative s’inscrit dans une volonté de proposer une approche pragmatique du cloud souverain.
« La souveraineté cloud n’est pas une question de tout ou rien », souligne Thomas Breuer, General Manager d’Inetum Belgique. « Les organisations ont des profils de risque, des besoins opérationnels et des exigences de conformité différents. »
Une chose est certaine : à mesure que les enjeux géopolitiques, réglementaires et de cybersécurité gagnent en importance, la question n’est plus seulement de savoir où les données sont stockées, mais aussi qui peut potentiellement y accéder, dans quelles conditions et sous quelle juridiction. Un débat qui devrait continuer à alimenter les discussions entre fournisseurs, partenaires et clients dans les années à venir.
